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lundi 3 octobre 2011

L'inquiètude et le désespoir est parfois pire que la maladie

Bob est rongé par l’inquiètude....

PROCURE  qui entre autres offre un service de soutien aux hommes atteints du cancer de la prostate m’a récemment demandé de communiquer avec Bob, pas son vrai non, car il venait d’apprendre que l’on suspectait chez lui un cancer de la prostate. Bob a 65 ans, vit seul, retraité ne semble avoir personne à qui s’adresser de partager ces quiétudes, son questionnement face a la maladie. À sa connaissance il n’y aurait aucune incidence de cancer dans sa famille.

Bob n’est pas souvent à la maison ou du moins il ne répond pas toujours à ses appels téléphoniques. De plus il n’a pas de boite vocale, impossible de lui faire part de mes tentatives de le rejoindre et de lui laisser savoir que je veux répondre à sa demande d’aide. Mes tentatives de le rejoindre se font à différents moments du jour. Peine perdu quatre jours de tentatives je ne le rejoins toujours pas.  Hier finalement je le rejoins, Un « Hello » dont je reconnais un timbre qui traduit sa déprime peut-être même son désespoir. Je me présente lui mentionnant que je réponds à son appel d’aide adressé quelques jours plus tôt et que je suis moi-même un survivant du cancer de la prostate.
Rapidement, presque en rafale Bob me fait part de ses questions. De plus il me mentionne qu’il vit depuis 24 heures une douleur thoracique. Je m’inquiète de cette douleur et je lui suggère de consulter. Bob me questionne afin de trouver réponses à ces questions et en même temps il me questionne sur mon acheminement. Je tente de le calmer, et je lui demande me parler de lui. C’est suite à des analyses sanguines (un APS de 4.7) et l’examen de son médecin qu’il est en attente de subir prochainement une biopsie. On sent facilement son inquiétude et son désespoir face à la possibilité de se faire confirmer un cancer de la prostate. Subir la biopsie l’inquiète tout autant que le résultat à venir. Ces questions tourne au tour de la durée d’une biopsie, la douleur bref comment ça se passe. Après l’avoir écouté quelques minutes je lui parle de mon cas. Je lui fais part qu’à priori son cas me rappelle le mien. Que mon premier test de APS se situait aussi à 4 quelque chose et que mon médecin de famille voulait me référer à un urologue. Que j’avais suite à la visite chez l’urologue subit une biopsie et qu’on avait découvert 4 cellules cancéreuses. Je lui mentionne que tous les cas ne sont pas identiques mais qu’en ce qui concernait  mon cas, mon urologue voulait me mettre sur surveillance et en attente. « Wait and watch program ». Ce qui veut dire qu’il voulait suivre mon évolution au 6 mois avant de me faire des recommandations de traitement. Je répète à Bob que chaque cas est unique et qu’il doit garder espoir. Je lui mentionne trois possibilités.
1.     la biopsie pourrait possiblement indiquer qu’il n’y avait pas de cellules cancéreuses.
2.     Que si la biopsie identifiait des tumeurs cancéreuses que son médecin voudrait peut-être attendre avant de lui suggérer l’ablation ou autre plan de traitement
3.     Que si au pire il devait subir l’ablation ou autre traitement que Bob devrait se compter chanceux d’avoir découvert son cancer à temps et que les chances de survis sont excellentes.

Suite à une dizaine de minutes passées au téléphone avec Bob je lui offre  partager mon numéro de téléphone avec lui  et qu’il pourra me téléphoner s’il en ressent le besoin. Il m’en remercie et termine la conversation en me remerciant, qu’il avait grandement apprécié mon aide et me prie de l’appeler à nouveau. Je ressens dans cette demande l’insécurité….

Aujourd’hui au lendemain de ma conversation avec Bob je pense à lui, sa douleur thoracique m’inquiète. Je viens de lui parler il se sent un peu mieux et attribue sa douleur à la poitrine à une chute et que les comprimés Tylenols qu’il prend semble faire effet. Je sens que son rendez-vous pour sa biopsie du 3 novembre prochain le stress et je lui offre s’il le veut de l’accompagner à l’hôpital Montreal General.